Jeunesse Franciscaine de France

 

 Aux Frères Mineurs, Mineurs Conventuels et Capucins,

Aux Soeurs Clarisses,

À l’Ordre Franciscain Séculier et au Tiers Ordre Régulier,

Chers frères et soeurs aînés, que le Seigneur vous donne sa paix,

Peut-être avez-vous bien connu la Jeunesse franciscaine (JeFra), approché de loin ou simplement entendu parler ? Nous désirons vous présenter la réalité de la Jeunesse franciscaine de France en 2018 afin de grandir dans la fraternité et la communion avec nos frères et soeurs des trois ordres et nous confier à vos prières.

Qui sont les jeunes aujourd’hui (de manière plus large que la JeFra) ?

Nous souhaitons mettre en avant deux éléments que nous avons pu observer : une difficulté à s’engager et… une soif d’un engagement, d’un don de soi radical. L’ambiance actuelle de la société qui, quel que soit notre milieu, imprègne une bonne part d’entre nous, nous montre faussement que s’engager quelque part, faire un choix (et donc renoncer aux autres) a pour conséquence de perdre sa liberté (celle de pouvoir choisir encore). Cela peut être dû à certaines situations familiales difficiles, instables, à un manque de références solides, ou une ambiance de « zapping ». Il y a un véritable enjeu dans la JeFra pour accompagner le jeune à comprendre la valeur et le sens de l’engagement, à comprendre ce qu’est la vraie liberté.

Et en France, en 2018, quelle est la réalité de la JeFra ?

En France, on trouve deux groupes : un dans l’Est à Bitche, fondé sous l’impulsion du père Marie-Joseph (en 1943) et un autre dans l’Ouest à Cholet, fondé par les frères mineurs conventuels de Cholet, (le groupe de jeunes appelé GSF – « Groupe Saint François » né en 2003).

La JeFra de France, érigée officiellement à Nantes en 2011, est née de quatre réalités différentes : celles de Bitche et Cholet, citées plus haut, et celles de Brest et d’Arras, qui malheureusement n’existent plus aujourd’hui.

La jeunesse franciscaine de Bitche a des membres, répartis dans des « cordées » (petites fraternités où les rencontres sont hebdomadaires) à Nancy, Metz, Paris, Lyon, Toulon et Strasbourg. Ces cordées sont ouvertes à tous, engagés ou non. Une fois par mois les J.F. se retrouvent tous à Metz, Nancy ou Bitche, et ont deux temps forts dans l’année : une retraite de Noël et un camp d’été de quinze jours. Ces divers temps sont aussi ouverts à tous. Les J.F. sont accompagnés par un prêtre de l’OFS, le père Laurent Pidolle, et trois consacrées. Les membres du conseil (5 jeunes) ont une attention particulière pour accompagner individuellement chaque promettant, ce qui est une force particulière pour la croissance de chacun. Les spécificités de la JeFra bitchoise s’incarnent dans le chant polyphonique, le jeu scénique et l’intériorité cultivée dans la prière d’oraison (Adoration de nuit …). Les problématiques actuelles de cette JeFra apparaissent dans la difficulté à être fidèle aux week-ends et à s’engager. Les raisons sont multiples : aussi bien la distance que le lieu qui n’est pas fixe, ce qui n’aide pas à un enracinement dans une fraternité.

La jeunesse franciscaine de Cholet est née de l’impulsion d’un frère conventuel et de jeunes qu’il accompagnait. Ses rencontres se déroulent le plus souvent au sein du couvent des frères à Cholet, et elle est accompagnée par le frère Jean-François-Marie, frère mineur conventuel. Les engagés peuvent aussi venir de toute la France, avec un enracinement plus local dans l’Ouest. Ils

n’ont pas ou très peu de cordées. Les engagés, comme leurs homologues bitchois, se retrouvent une fois par mois, dans des week-ends ouverts à tous. Il y a une vingtaine d’engagés pour une cinquantaine de participants à chaque rencontre. La JeFra de Cholet se caractérise par sa sensibilité charismatique dans sa manière de prier (la louange, suivie de l’adoration). Les J.F. sont aussi très impliqués dans la pastorale des frères auprès d’adolescents, d’enfants, et se retrouvent aussi tous les étés, souvent en lien avec les conventuels et la JeFra de Bruxelles. La principale difficulté de la JeFra de Cholet est visible dans la jeunesse de ses effectifs depuis quelques années où les jeunes professionnels sont plus rares. Par conséquent, il y a toute une éducation à la spiritualité franciscaine, au sens de l’engagement et de la prise de responsabilités à faire.

Comment fonctionne la Jeunesse Franciscaine ?

Une Jeunesse franciscaine est directement rattachée à une Fraternité OFS locale (et donc sous la responsabilité de son ministre : Fraternité saint Conrad de Bitche ; Fraternité saint Maximilien Kolbe de Cholet), et fait partie intégrante de l’OFS. De manière similaire à l’OFS, chaque JeFra locale élit un conseil composé d’un ministre, un vice-ministre avec des conseillers.

En France, au vu de notre petit nombre, nous n’avons pas de conseils régionaux. Ce sont donc les conseils locaux qui élisent un conseil national. Comme l’OFS il y a aussi un conseil international. A chaque échelon il y a un animateur fraternel de l’OFS et un assistant spirituel du premier ordre ou un prêtre de l’OFS.

Quelle définition donner à la JeFra ?

Étant à une période charnière de la vie d’un jeune (17-30 ans en France1) la JeFra a cette double particularité d’être à la fois un appel à vivre l’Évangile dans la famille franciscaine, et une phase temporaire de préparation par l’Esprit à une vocation plus spécifique, quel que soit l’état de vie. Cela demande une réponse de la part du jeune et un véritable engagement. L’engagement (ou promesse) ne se fait donc que sur une année, renouvelable tous les ans. C’est un engagement à la sainteté au quotidien, à la suite du Christ dans son milieu de vie, en ayant une attitude tournée vers le service du prochain, qu’il soit ponctuel ou régulier. « Votre promesse s’incarnera dans votre vie de tous les jours par vos « oui » et vos « non » concrets2. » Pour cela quatre piliers façonnent la JeFra et doivent façonner la vie de chaque J.F. : prière, fraternité, formation et mission.

1 Selon les pays l’âge peut varier, en Italie ce sera plutôt 14-30 ans. Les réalités de la JeFra peuvent-être très variées selon les pays et les cultures.

2 Cérémonial de promesse de la JeFra de France

3 saint François, Testament, 14

4 Chap. Général. 2002, La Jeunesse franciscaine, un chemin de vocation franciscaine, 3. 10

5 Cf. C. G. 96.5 « La JeFra constitue un engagement particulier de l’OFS comme une partie de sa propre pastorale des jeunes et de sa promotion vocationnelle. » Chap. G., La JeFra chemin…, 14 « Les membres de la JeFra considèrent la règle de l’OFS comme un document d’inspiration. » (C. G. 96. 2)

6 Chap. G., La JeFra chemin…, 15

Le jeune est appelé à vivre l’Évangile, en fraternité, dans son milieu de vie, à la lumière de la vie et du message de saint François : « Après que le Seigneur m’eut donné des frères, personne ne me montra ce que je devais faire, mais le Très-Haut lui-même me révéla que je devais vivre selon le saint Évangile3. » Puisque les J.F. sont fils et filles de saint François, la JeFra « appartient à la famille franciscaine comme partie intégrante de l’OFS4 ». En même temps elle « a une organisation spécifique » avec ses propres responsables, mais compte sur un accompagnement fraternel et structurel de l’OFS5. Les liens fraternels entre JeFra et OFS sont donc essentiels. Pour cette raison la JeFra conduit naturellement à une vocation à l’OFS, « bien que non nécessairement6 ». Le J.F. peut, après son

passage à la JeFra, entrer dans un autre état de vie ou une autre famille spirituelle selon les appels personnels de l’Esprit et pour le bien de l’Église.

Pour fonder une Jeunesse franciscaine locale, comme dans toute bonne recette, il faut des ingrédients :

– un accompagnateur spirituel, une personne « charismatique » (un frère, une soeur, un prêtre de l’OFS…) qui a le désir de fonder une JeFra.

Petit rappel historique :

 A Bitche, ce fut le père Marie-Joseph, capucin, qui fut l’impulsion de départ et qui, aujourd’hui encore, reste une référence.

 À Cholet ce furent les frères mineurs conventuels, qui accompagnent toujours la JeFra locale aujourd’hui.

 

Le jeune étant dans une phase de construction, il a besoin de ce repère.

– des jeunes (bien entendu !), désireux de suivre leur vie chrétienne à la suite de st François et de s’investir pleinement dans ce projet.

– une fraternité OFS vivante, qui souhaite accueillir des jeunes de manière particulière dans la famille franciscaine, pour les faire grandir et les accompagner dans leur croissance spirituelle, pour la richesse et la diversité de leur fraternité. La JeFra est l’avenir de l’Eglise et de l’OFS !

un responsable légal et un trésorier, membres de l’OFS de rattachement.

Ces membres cadrent la JeFra, et pérennisent le groupe dans le temps car les jeunes partent, mais ces membres restent. La JeFra reste un groupe de jeunes qui a besoin d’être encadré.

Malgré tout, parce que les jeunes qui la composent ne sont pas encore totalement installés dans la vie, une JeFra reste une plante fragile et elle a besoin de soutiens (récollections, rencontres communes, échanges, veillées, témoignages…) de personnes de la fraternité OFS à laquelle elle est rattachée.

– un lieu (couvent, maison, salle…) pouvant accueillir les rencontres. Ce lieu participe à l’enracinement de la JeFra dans sa ville.

Ces ingrédients doivent être mis dans le bon ordre. Si l’impulsion part des jeunes et non du religieux, du prêtre, etc, qui accompagne et qui sera un point d’ancrage et de référence, ça ne prendra pas. (L’expérience nous l’a montrée dans certaines villes.)

Pour finir, ajoutons qu’aujourd’hui, un conseil national existe pour aider au développement des JeFra : aider mais non pas créer.

Le développement de la Jeunesse Franciscaine en France doit être le souci de toute la famille franciscaine de France, et ce dès aujourd’hui. Car les jeunes sont l’avenir de l’Eglise, et surtout de la famille franciscaine (1er ordre, 2è ordre et Tiers-Ordre).

Le conseil National de la JeFra est là pour accompagner toutes les fraternités OFS, les couvents, les communautés qui ont besoin d’aide dans le développement d’une Jeunesse Franciscaine locale, si nécessaire pour l’avenir de notre famille franciscaine.

« Pax et Bonum »,

Le conseil national de la Jeunesse Franciscaine de France

Marie ROGER, ministre

Baptiste VANACKER, vice-ministre

Louis-Marie POMMERET, conseiller

Frère Jean-François-Marie AUCLAIR, ofmc, assistant spirituel

Claire DÉCHENAUX, OFS, animatrice fraternelle

contact : jefranational@gmail.com

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