Homélies des dimanches

24ème dimanche ordinaire, le 17 septembre  2017

Frère Henri

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22ème dimanche ordinaire, le 3 septembre  2017

Frère Henri

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Fête des Oignons, le 27 août 2017

Frère David

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20ème dimanche ordinaire, le 20 août 2017

Frère Henri

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17ème dimanche ordinaire, le 30 Juillet 2017

Frère Henri

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15ème dimanche ordinaire, le 16 juillet 2017

Frère Carlos

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14ème dimanche ordinaire, le 9 juillet 2017

Frère David

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13ème dimanche ordinaire, le 2 juillet 2017

Frère Carlos

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Saint Sacrement, le 18 juin 2017

Frère Henri

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Sainte Trinité, le 11 juin 2017

Frère Yves

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Fête de la Pentecôte, le 4 juin 2017

Frère Henri

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7ème dimanche de Pâques, le 28 mai 2017

Frère Henri

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Ascension, le 25 mai 2017

Frère David

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3ème dimanche de Pâques, le 24 avril 2017

Frère Henri

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2ème dimanche de Pâques, le 24 avril 2017

Frère David

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dimanche de Pâques, le 16 avril 2017

Frère Henri

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5ème dimanche de Carême, le 2 avril 2017

Frère Yves

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4ème dimanche de Carême, le 26 mars 2017

Frère David

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3ème dimanche de Carême, le 19 mars 2017

Frère Henri

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2ème dimanche de Carême, le 12 mars 2017

Frère David

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1er dimanche de Carême, le 5 mars 2017

Frère Henri

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8ème dimanche temps ordinaire , le 26 février 2017

Frère Yves

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7ème dimanche temps ordinaire , le 19 février 2017

Frère Henri

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6ème dimanche temps ordinaire , le 11 février 2017

Frère David

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5ème dimanche temps ordinaire , le 5 février 2017

Frère Henri

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4ème dimanche temps ordinaire , le 29 janvier 2017

Frère David

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3ème dimanche temps ordinaire , le 22 janvier 2017

Frère Yves

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Journée des migrants, le 15 janvier 2017

Traduction par le Frère Henri

Témoignage d’un migrant

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Epiphanie, le 8 janvier 2017

Frère Henri

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Sainte Marie, Mère de Dieu , le 1er janvier 2017

 

Frère David

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Messe de Noël, le 25 décembre 2016

Frère Henri

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4 ème dimanche de l’Avent , le 18 décembre 2016

Frère Henri

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3 ème dimanche de l’Avent , le 11 décembre 2016

Frère Yves

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2 ème dimanche de l’Avent , le 4 décembre 2016

Frère Henri

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1er dimanche de l’Avent , le 27 novembre 2016

Frère David

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33ème dimanche du Temps Ordinaire , le 13 novembre 2016

Frère David

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32ème dimanche du Temps Ordinaire , le 06 novembre 2016

Frère Henri

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Homélie de la fête de tous les saints

 Aujourd’hui, nous voici arrivés à un point important de notre année liturgique.

Ce jour nous fêtons la fête de tous les saints, eux qui ne cessent de contempler la face de DIEU et qui intercèdent pour nous, à la suite de cette multitude que nous venons d’entendre, dans le livre de l’Apocalypse.

 Demain, nous confierons nos défunts à la miséricorde infinie de Dieu, lui demandant de purifier ceux qui sont en route vers l’unique béatitude qu’est la  possession de la Trinité toute entière.  Il en découle ainsi la nécessaire prière de l’Eglise pour nos défunts.

 Puis, dans quelques semaines, le 8 décembre, nous contemplerons et célébrerons, comme il se doit, celle qui est le modèle de toute sainteté, La Vierge Marie, en la fête de son Immaculée Conception.

La Sainte Vierge  n’a de cesse de nous guider vers son Fils, source et origine de toute sainteté.  Marie est bien celle qui peut le plus parfaitement nous apprendre ce qu’est la sainteté, et surtout nous donner le goût d’en vivre au quotidien.

 Alors en ce jour, nous pouvons légitimement nous poser cette question : De quelle sainteté parlons nous ?

Comment pouvons nous, non seulement décrire la sainteté, mais nous en nourrir et nous mettre nous aussi en route, puisque nous sommes tous personnellement appelés à la sainteté, comme le rappelle la Constitution dogmatique Lumen Gentium, du dernier Concile Vatican II.

 Les béatitudes demeurent le cœur de l’Evangile. Si nous y tendons chaque jour, patiemment et sans nous décourager, nous ne pouvons pas nous égarer. Elles éveillent le désir de ressembler au Christ qui, seul, les a toutes vécues, en plénitude.

  Les saints, à la suite du Christ, ont trouvé en elles le trésor de leur vie spirituelle et humaine. En recevant ce jour l’Evangile  des béatitudes, Jésus nous révèle sa « physionomie propre », comme le disait le  Pape Emérite, Benoit XVI. Le Christ est venu pour tous mais il s’émerveille devant les petits, les pauvres, les humbles de cœur. Comment ne pas nous réjouir de voir le Christ heureux et exulter de joie .Ils ont compris que l’important demeure le Christ lui-même, et non où ils en sont avec Dieu.

Le saint curé d’Ars aimait plaisanter en disant que les saints n’ont pas tous bien commencé mais ils ont tous bien fini !!! Les saints ont fait de l’or avec de la boue.

 Jésus  ne choisit pas des être digne de lui.

Il ne fait pas la sélection des vertus ou des talents de l’un ou de l’autre.

Il n’est pas élitiste.

Il est l’amour qui s’offre sans mesure à chacun.

 La sainteté, comme disait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, n’est pas dans telles ou telles pratiques, mais elle consiste en une disposition du cœur qui nous rend humble et petits dans les bras de Dieu, conscient de notre faiblesse et conscient jusqu’à l’audace de sa bonté de Père.

 Pour poursuivre avec Thérèse, j’ai toujours été frappé personnellement par la demande d’une de ses sœurs, au Carmel de Lisieux, le jour de son décès, afin de préparer sa notice nécrologique : Sœur Thérèse, mais qu’est ce qu’on va dire d’elle ?  : elle n’a rien fait ! Oui, Thérèse n’a rien fait sinon qu’aimer et aimer le Christ à la folie. Et ce que nous pouvons tirer de cette remarque, c’est bien l’affirmation que la sainteté ne se vérifie que par la qualité de l’amour que nous éprouvons personnellement pour lui et pour tout être créé.

 Dieu est venu pour les malades, les pécheurs, non pour les saints et les bien-portants. C’est pourquoi nous aurons, et j’en suis persuadé, bien des surprises en arrivant au ciel. Les pauvres de l’Evangile, tel Lazare, les publicains, les prostituées, nous dit Jésus, nous précèderons dans le royaume des cieux. Les premiers selon notre vue ne seront pas ceux que l’on croit.

 Cette affirmation, nous devons bien l’entendre. La sainteté se reçoit de Dieu, et lui seul peut nous déclarer juste. Cela n’est, en aucun cas, de notre ressort.

  L’homme pur qui se sait faillible doit se tenir devant Dieu avec la disposition de la première béatitude : se savoir pauvre et à partir de notre faiblesse, savoir rendre grâce parce que DIEU EST, et que cela seul doit nous suffire : que DIEU SOIT DIEU, comme le disait le Père Eloi Leclerc dans son livre sur saint François d’Assise : Sagesse d’un pauvre.

 Le Christ à travers l’Esprit des béatitudes, nous apprend à nous glorifier de nos infirmités. Et être saint, c’est tout simplement les accepter et non les nier.

 Si l’on est trop faible ou malade du péché, il n’y a qu’une chose à faire: ne plus regarder la lèpre du mal nous dévorer mais contempler l’infinie beauté de Dieu et nous laisser irradier par elle. Pourquoi ? Parce que Dieu ne nous a fait, ne nous fait et ne nous fera que du bien, comme aimait le chanter le petit pauvre d’Assise, saint François.

Jésus nous rappelle, dans cet Evangile, que l’exigence de la vie évangélique passe par la disponibilité à sa parole. L’évangéliste Matthieu nous interpelle sur ce point : Jésus s’assit et ses disciples s’approchèrent. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire.

 Pour devenir nous aussi les pauvres des béatitudes, commençons par cette même attitude d’écoute et de disponibilité à sa Parole.

 Là se trouve le cœur même de Dieu,  qui nous transformera et nous consumera en lui, par lui et pour lui.

 Ainsi nous serons un témoignage vivant de cette joie de vivre pour Dieu, pour sa plus grande gloire.

 Amen

Fr David

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Zachée (Lc 19-1-10)

Dimanche 30 novembre 2016

J’aimerai commencer cette homélie en m’arrêtant un instant sur cette ville de Jéricho, qui est le symbole de notre vieille humanité. C’est l’une des villes les plus anciennes au monde. Construite dans un oasis au milieu du désert, elle a été habitée sans interruption depuis plus de huit mille ans. Quand Abraham y passait en nomade avec ses troupeaux, vers 1.800 avant J. C., c’était déjà une ville qui existait depuis quatre millénaires. Jéricho est une sorte d’anomalie dans la géographie de la planète. C’est en effet la ville la plus basse de la terre, à 300 mètres au-dessous du niveau de la mer!

Dans l’épisode d’aujourd’hui, Jésus traverse Jéricho, avant de prendre le chemin qui monte vers Jérusalem. En entrant dans la ville, il guérit un aveugle, Bartimée, qui va le supplier de faire en sorte qu’il voit malgré sa cécité, alors que les « voyants » refusent de l’approcher (Luc 18, 35-43) C’est à la suite de ce miracle que les habitants de Jéricho cherchent à voir le nouveau «prophète», y compris Zachée, le riche publicain.

Les motivations des uns et des autres pour approcher, interpeller Jésus sont bien diverses. Il est probable que notre relation à Dieu joue un rôle dans ce qui motive nos comportements. L’histoire biblique nous montre que le même homme peut chercher Dieu tout en se cachant de lui. C’est ce qui semble nous montrer le récit d’Adam et Eve qui se cachent de Dieu dans le jardin d’Eden, tout en restant à portée de sa voix, comme s’ils voulaient que malgré tout, Dieu les trouve quand même. Ce fait n’est pas exceptionnel, il fait partie des expériences que nous faisons très souvent, sans en prendre nécessairement conscience.

Nous retrouvons dans l’attitude de Zachée cet aspect mystérieux et secret du comportement humain.

La Parole de Dieu met d’abord devant nous le personnage de Zachée. Il n’est pas très recommandable parce qu’il s’est enrichi frauduleusement.

Il est probable que les gens de Jéricho qui se massaient au bord de la route pour voir passer Jésus ne se pressaient pas pour laisser la place à cet homme, afin qu’il puisse Le voir lui aussi de ses yeux, car, comble de malchance, Zachée était de petite taille.

Ce fameux Zachée était par conséquent doublement handicapé pour s’approcher de Jésus : riche, malhonnête et comble de malchance, petit. Il monte donc dans un sycomore et soudain, il va se passer quelque chose d’inattendue et qui va changer sa vie à jamais : Jésus pose son regard sur lui, et lui dit : « Zachée, aujourd’hui il faut que je vienne chez toi » (Lc 19, 5).

Dans un de ses commentaires sur Saint Luc, le Cardinal de Paris, nous dit que « chacun de nous a ses handicaps qui le gênent pour rencontrer le Christ. Nous ne sommes pas tous riches, nous sommes le plus souvent honnêtes et il arrive que nous soyons grands. Mais nous avons d’autres faiblesses.

Et nous avons besoin que le regard de Jésus se porte sur nous, qu’il nous interpelle et qu’il s’invite dans notre vie. Même si nous avons fait une part du chemin, même si nous essayons d’être chrétiens et de mettre en pratique la Parole de Dieu, tout cela ne suffit pas. Il faut que ce soit Jésus lui-même qui vienne chez nous. (…) »

Et à partir de cette interpellation inimaginable et inespérée, Zachée se précipite, ouvre sa maison et organise un repas où le Christ va partager la table des pécheurs, des gens de basses conditions morales.

C’est bien là notre grande espérance : Jésus est venu pour partager en son temps la table des pécheurs mais c’est moi aujourd’hui, avec ce que je suis, ce que je porte de beau et d’incohérent, avec mes richesses et mon péché…C’est à moi que s’adresse cette invitation aujourd’hui. Jésus veut demeurer chez moi, faire de ma vie son habitation, afin de toucher mes blessures, mes handicaps, mes paralysies, mes faiblesses, pour me remettre debout.

Dans sa longue catéchèse adressée aux jeunes JMJistes de Cracovie, le Pape François leur rappelait Zachée avait un second obstacle sur le chemin de la rencontre avec Jésus : la honte qui paralyse.

Je cite le Saint Père : « Nous pouvons imaginer ce qui s’est passé dans le coeur de Zachée avant de monter sur ce sycomore, cela aura été une belle lutte : d’une part une bonne curiosité, celle de connaître Jésus ; de l’autre le risque de faire une terrible piètre figure. Zachée était un personnage public ; il savait qu’en essayant de monter sur l’arbre, il serait devenu ridicule aux yeux de tous, lui, un chef, un homme de pouvoir.

Mais il a surmonté la honte, parce que l’attraction de Jésus était plus forte. Et ainsi la honte qui paralyse n’a pas eu le dessus : Zachée – dit l’Évangile- « courut en avant », « grimpa » et ensuite quand Jésus l’appela, « il descendit vite » Il a risqué et il s’est mis en jeu. »

Et le Pape conclue : « Après la basse stature et la honte qui paralyse, il y a un troisième obstacle que Zachée a dû affronter, non plus à l’intérieur de lui, mais autour de lui. C’est la foule qui murmure, qui l’a d’abord arrêté et puis l’a critiqué : Jésus ne devait pas entrer dans sa maison, la maison d’un pécheur !

Comme il est difficile d’accueillir vraiment Jésus, comme il est dur d’accepter un « Dieu, riche en miséricorde » (Ep 2, 4). Ils pourront vous empêcher, en cherchant à vous faire croire que Dieu est distant, raide et peu sensible, bon avec les bons et mauvais avec les mauvais. Au contraire, notre Père « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Mt 5, 45) et il nous invite au vrai courage : être plus forts que le mal en aimant chacun, même les ennemis. » Fin de citation.

La foule, ce jour-là, a jugé Zachée, elle l’a regardé de haut en bas ; Jésus au contraire, a fait l’inverse : il a levé son regard vers lui.

Le regard de Jésus va au-delà des défauts et voit la personne ; il ne s’arrête pas au mal du passé, mais il entrevoit le bien dans l’avenir ; il ne se résigne pas devant les fermetures, mais il recherche la voie de l’unité et de la communion ; au milieu de tous, il ne s’arrête pas aux apparences, mais il regarde le cœur, comme nous le dit les Ecritures.

Cette visite, évidemment, change beaucoup de choses. C’est ce que l’on appelle la conversion. Zachée dit : « je vais rendre ce que j’ai volé en donnant une partie de mes biens aux pauvres » (Lc 19, 8). En ce jour, une question peut se poser à  nous : qu’avons-nous à changer dans nos vies? Si Jésus vient demeurer chez moi ce soir, que dois-je changer ?

En cette fin d’année de la miséricorde, qui verra la fermeture de la porte Sainte à St Antoine, le dimanche 13 novembre au soir en présence de notre Evêque, je nous invite à accueillir le Christ dans notre maison, dans notre vie et à partager avec Lui le repas.

Et ce repas, Jésus nous l’offre avec Lui dans l’Eucharistie qui va être célébrée dans un instant. Nous nous  présenterons à Lui avec ce que nous sommes.

Aujourd’hui le salut entre dans notre vie pour faire toute chose nouvelle, pour réchauffer ce qui est refroidi, pour redresser ce qui est tordu, pour affermir ce qui est en train de s’épuiser, pour nous permettre d’accueillir la Parole du Christ, d’entendre son appel, d’y répondre et d’expérimenter cette joie indicible de Zachée de se savoir respecté et aimé, au-delà de toute limite, au-delà de tout entendement.

Amen

Fr David

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30ème dimanche du Temps Ordinaire , le 23 octobre 2016

Frère Henri

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29ème dimanche du Temps Ordinaire , le 16 octobre 2016

Colette Chanas-Gobert

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28ème dimanche du Temps Ordinaire , le 9 octobre 2016

Les textes de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle de la plus haute importance : pour Dieu, il n’y a pas de frontière, pas d’exclus. Ce message nous le trouvons dans le 2ème livre des Rois qui nous rapporte l’histoire de Naaman, un notable étranger, ennemi d’Israël qui, une fois guéri de sa lèpre par l’intermédiaire du prophète Elisée, exprime toute sa reconnaissance au Dieu d’Israël par cette belle profession de foi : « maintenant, je le sais, il n’y a pas d’autre Dieu sur toute la terre que Celui d’Israël. » Ce récit de l’Ancien Testament nous annonce que le salut de Dieu est offert à tous les hommes, même à ceux qui sont loin de lui et c’est ce même message que nous retrouvons dans l’Evangile de Saint Luc.

Cette fois-ci ce n’est plus un notable étranger qui est guéri mais ce sont dix lépreux. Ces personnes sont des exclues de la société́ du fait même de leur maladie qui les contraint à vivre en marge. Leur chance c’est d’apercevoir Jésus au moment où il entre dans un village. Aussitôt ils vont à sa rencontre. Restant à distance comme il se doit en raison du risque de contagion et de leur impureté. D’une seule voix ils appellent Jésus au secours, demandent sa pitié et espèrent la guérison ; C’est encore d’un seul mouvement qu’ils obéissent à Jésus lorsqu’ils se rendent auprès des prêtres pour faire constater leur guérison. Or, cette cohésion du groupe se brise au moment précis de leur guérison. En effet, un seul revient à Jésus pour le remercier.

Saint Luc précise que cet homme était un Samaritain, un exclu de la communauté́ juive. C’est d’ailleurs sans doute la raison pour laquelle il ne pouvait aller rencontrer les prêtres. Ce Samaritain, qui nous représente tous puisqu’il n’a pas de nom, représente tout ce que notre monde peut contenir d’étrangers et d’étrangeté. Or, c’est lui seul qui revient en glorifiant Dieu. Il a compris que c’est en retournant à Jésus, et non pas au Temple, qu’il peut vraiment rendre gloire à Dieu. Il passe littéralement de l’obéissance à la Loi à l’obéissance de la foi. C’est alors qu’il reçoit de la part de Jésus cette parole de bénédiction dans laquelle transfigure déjà la puissance de la Résurrection: « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

« Relève-toi », c’est le même verbe que celui utilisé dans les récits de résurrection. C’est une bonne indication pour comprendre que Jésus fait passer cet homme de la guérison « clinique », si j’ose dire,  à la guérison de tout son être de pécheur … Jésus appelle ce Samaritain à une vie totalement autre qui ne soit plus sous l’emprise de son ancienne identité, dictée par la Loi, mais par la seule liberté des enfants de Dieu, sous la mouvance de la seule foi.

Ce récit nous rappelle aussi à l’évidence que le Christ n’est pas venu que pour les gens de son peuple. Le salut donné au lépreux annonce le salut qui, sera proposé à l’humanité tout entière.

En entendant cet Evangile, nous sommes nécessairement renvoyés à nous-mêmes. Ne sommes-nous venus, nous aussi dans cette église rencontrer Jésus avec notre lèpre, implorer sa guérison et le louer ?

Ne sommes-nous pas appelés pour rendre grâce pour cette  Bonne Nouvelle de l’Évangile qui est pour tous, les pauvres, les prisonniers, celles et ceux qui sont tombés bien bas, les personnes marginales, ou celles que l’on dit anormales,  celles qui dérangent notre vie, les migrants…. Toutes ces personnes qui sont souvent méprisées par le monde mais qui ont la première place dans le cœur de Dieu.

Puisque Jésus est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus, alors voilà précisée notre vocation commune de disciples du Christ qui consiste à nous laisser envoyer en son nom pour le leur dire, nous qui faisons l’expérience d’être guéris de notre propre lèpre et de nos péchés par Jésus qui n’a pas peur de nous approcher, de nous toucher et qui va jusqu’à prendre notre lèpre sur lui… Comment ne pas évoquer François d’ Assise qui a compris tout le mystère de l’Incarnation du Christ le jour où il décida d’embrasser un lépreux ? A ce moment-là, découvrant dans le lépreux la personne même du Christ mendiant notre amour, il commença son chemin de disciple jusqu’à devenir « très semblable à Jésus », jusqu’ à lui ressembler « physiquement » avec les stigmates…

Oui, de tout cœur rendons grâce pour cet amour sans frontière qui nous restitue dans notre dignité de fille et de fils de Dieu en nous guérissant de notre lèpre.

Enfin, encourageons-nous les uns les autres à participer par toute notre vie à  la volonté de Dieu de sauver tous les hommes : le Seigneur est réellement présent dans cette église comme il l’est dans les migrants qui sont à l’extérieur et à qui nous ouvrons notre porte…

Brive, le 9 octobre 2016,

Fr Henri Namur, ofm

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Homélie Solennité de Saint François d’Assise 2016

Ces mois à venir vont avoir une résonnance particulière pour nous, pour notre Province et pour l’Eglise de France. En effet, nous allons célébrer l’arrivée des premiers frères de Saint François dans notre pays.

En 1217, le frère Pacifique et ses compagnons arrivèrent sur la colline de Vézelay pour y fonder le premier couvent sur la terre de France. Ces hommes n’ont pas hésité à suivre la figure du petit pauvre d’Assise pour venir témoigner outre monts, le rôle providentiel qu’ils ont perçu en François et sa perspective de renouveau dans l’Eglise de leur temps. Ils ont été rapidement non seulement séduits mais fasciné par ce nouveau « soleil qui a surgit dans le monde » comme l’évoque dans la Divine Comédie (Paradis, chant XI), le plus grand poète italien Dante Alighieri.

Et pour nous, Briviste, Antoine n’aura eu de cesse de laisser dans notre ville et belle région, le souvenir marquant de ce que le Saint de Padoue a compris et réalisé à partir de l’intuition de François.

Et pour notre communauté, frères, sœurs et laics continuons à nous nourrir de cet exemple, à la suite du Christ humble et pauvre, caractéristique du regard de François sur le crucité.

Il a été dit que François représente un alter Christus, qu’il était vraiment une icône vivante du Christ. Il fut également appelé « le frère de Jésus ».

En effet, tel était son idéal: être comme Jésus; contempler le Christ de l’Evangile, l’aimer intensément, en imiter les vertus. Il a en particulier voulu accorder une valeur fondamentale à la pauvreté intérieure et extérieure, en l’enseignant également à ses fils spirituels. La première béatitude du Discours de la Montagne – Bienheureux les pauvres d’esprit car le royaume des cieux leur appartient (Mt 5, 3) a trouvé une réalisation lumineuse dans sa vie et dans ses paroles.

Le Pape Benoit XVI, dans sa longue catéchèse sur St François nous dit que ‘ les saints sont vraiment les meilleurs interprètes de la Bible; ils incarnent dans leur vie la Parole de Dieu, ils la rendent plus que jamais attirante, si bien qu’elle nous parle concrètement. Le témoignage de François, qui a aimé la pauvreté pour suivre le Christ avec un dévouement et une liberté totale, continue à être également pour nous une invitation à cultiver la pauvreté intérieure afin de croître dans la confiance en Dieu, en unissant également un style de vie sobre et un détachement des biens matériels.

Chez François, l’amour pour le Christ s’exprima de manière particulière dans l’adoration du Très Saint Sacrement de l’Eucharistie. Dans les Sources franciscaines, on lit des expressions émouvantes, comme celle-ci: « Toute l’humanité a peur, l’univers tout entier a peur et le ciel exulte, lorsque sur l’autel, dans la main du prêtre, il y a le Christ, le Fils du Dieu vivant. O grâce merveilleuse! O fait humblement sublime, que le Seigneur de l’univers, Dieu et Fils de Dieu, s’humilie ainsi au point de se cacher pour notre salut, sous une modeste forme de pain » (François d’Assise, Ecrits, Editrice Francescane, Padoue 2002, 401)’

Dans l’esprit de l’Encyclique ‘Laudato si’ de notre Pape actuel, Benoit XVI poursuivait en rappelant que  « De l’amour pour le Christ naît l’amour envers les personnes et également envers toutes les créatures de Dieu.  Voilà un autre trait caractéristique de la spiritualité de François: le sens de la fraternité universelle et l’amour pour la création, qui lui inspira le célèbre Cantique des créatures. »

C’est un message très actuel auquel même les plus puissants de ce monde essayent de retrouver sens car l’édification d’une paix solide est également liée au respect de la création. François nous rappelle que dans la création se déploient la sagesse et la bienveillance du Créateur. Il comprend la nature précisément comme un langage dans lequel Dieu parle avec nous, dans lequel la réalité devient transparente et où nous pouvons parler de Dieu et avec Dieu.

Je termine par les mots de conclusion de cette catéchèse papale : «  François a été un grand saint et un homme joyeux. Sa simplicité, son humilité, sa foi, son amour pour le Christ, sa bonté envers chaque homme et chaque femme l’ont rendu heureux en toute situation. En effet, entre la sainteté et la joie existe un rapport intime et indissoluble. Un écrivain français a dit qu’il n’existe qu’une tristesse au monde: celle de ne pas être saints, c’est-à-dire de ne pas être proches de Dieu. En considérant le témoignage de saint François, nous comprenons que tel est le secret du vrai bonheur: devenir saints, proches de Dieu! »

Que la Vierge, tendrement aimée de François, nous obtienne ce don. Nous nous confions à Elle avec les paroles mêmes du Poverello d’Assise: « Sainte Vierge Marie, il n’existe aucune femme semblable à toi née dans le monde, fille et servante du très haut Roi et Père céleste, Mère de notre très Saint Seigneur Jésus Christ, épouse de l’Esprit Saint: prie pour nous… auprès de ton bien-aimé Fils, Seigneur et Maître » (François d’Assise, Ecrits, 163).

Fr David, ofm.

 

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix, Là où est la haine, que je mette l’amour. Là où est l’offense, que je mette le pardon. Là où est la discorde, que je mette l’union. Là où est l’erreur, que je mette la vérité. Là où est le doute, que je mette la foi. Là où est le désespoir, que je mette l’espérance. Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière. Là où est la tristesse, que je mette la joie.

O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on se retrouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

2 octobre 2016

27e dimanche du T.O, année C : Luc 17, 5-10

La foi est un don de Dieu, qu’on appelle la grâce. Elle est aussi un acte pleinement humain qui fait appel à l’intelligence et à la liberté humaines. Les vérités que Dieu nous révèle, apparaissent vraies aussi à la lumière de notre intelligence. La foi cherche à comprendre la Révélation et à mieux connaître Dieu. On peut avoir de nombreux doutes sur tel ou tel aspect de la foi, mais tous ces doutes ne remettent pas en cause la confiance que l’on fait à Dieu. Cependant, si la foi n’est pas nourrie et entretenue, elle peut s’assoupir et même s’éteindre.

Parce qu’il s’agit d’une relation personnelle avec Dieu, la foi ne peut être que libre et volontaire. Personne ne doit être contraint à croire malgré soi.

Le livre d’Habacuc pose le problème de la justice de Dieu. Amos, vers -720, voyait la punition de Dieu dans les armées syriennes qui ont écrasé la Samarie. Pour lui, c’est Dieu qui châtie son peuple à cause de ses égarements et son manque de fidélité totale à l’Alliance.

Lorsque vers -600, Jérusalem est à son tour assaillie par Babylone, Habacuc ne comprend pas. Il va plus loin qu’Amos, car il demande pourquoi à Dieu. Pourquoi Dieu se sert-il de l’injustice, de la violence de Babylone pour punir. Il questionne Dieu : il cherche à savoir et crie combien de temps je vais t’appeler au secours.

C ‘est la question douloureuse de millions d’hommes et de femmes à travers le monde et à travers l’histoire. Les conflits meurtriers, les guerres dévastatrices, les tortures, la maladie, la misère humaine sous toutes ses formes sont encore bien présents. Dieu semble absent de nos vies et de nos réalités quotidiennes.

Chaque jour, nous assistons à tant de souffrances. Où est Dieu dans tout ça ? Que fait-il ? Pourquoi n’intervient-il pas ? Ces questions sont souvent posées, mais les réponses ne sont pas évidentes. Alors le croyant proteste devant Dieu, comme le prophète Habacuc. Dans sa prière à Dieu, il fait sien le cri du peuple : « Pourquoi toute cette violence et cette destruction ? »   Mais sa vision se termine par un cri d’espérance : « L’homme juste, à cause de sa foi, vivra. »

Parce que le prophète garde l’espérance, cela n’empêche pas les événements tragiques de se produire, mais a confiance en Dieu lui permettra de passer au travers et son espérance lui permettra de croire que l’injustice n’aura pas le dernier mot.

Dans la 2e lecture, nous avons un texte de saint Paul.  Au moment où il écrit cette lettre, c’est un homme avancé en âge, prisonnier, attendant la mort qui d’ailleurs ne tardera pas à venir.

Il écrit à son disciple Timothée qu’il a ordonné par l’imposition de ses mains.  Il l’invite à ne pas être timide et à ne pas hésiter à assumer la responsabilité qu’il a reçue.

Il ne doit pas avoir honte de la mission qui est la sienne, c’est-à-dire de témoigner de sa foi en Jésus ressuscité dont il est, de par son ordination, le prêtre et l’évêque.

La lettre à Timothée nous rappelle que Dieu nous a donné force, amour et raison : à chacun de renflammer ce don de Dieu et de vivre debout. Il n’est pas question d’attendre tout de Dieu vers qui nous crions notre détresse. Dieu n’interviendra pas pour bouleverser le désordre de l’humanité. Nous devons vivre en toute fidélité.

Fidélité à nous-mêmes d’abord, à l’appel que nous sentons en nous-mêmes à vivre dignement, en hommes et femmes fiers d’eux-mêmes et riches de leurs possibilités. Fidélité aux autres, à ceux qui sont nos proches et à ceux qui sont nos frères et sœurs en humanité. Fidélité à Dieu qui nous a créés à son image comme des êtres libres.

Fidélité, car nous avons en nous toutes les possibilités pour vivre en humains véritables, pour humaniser ce qui menace de nous entraîner vers notre propre destruction.

Fidélité même quand Dieu semble absent de nos vies.

Déjà, dans l’Ancien Testament, au 6e siècle avant le Christ, on vivait difficilement cette absence de Dieu. Saint Luc nous montre que ce n’était pas plus facile de croire au début du christianisme que cela ne l’est maintenant. Jésus affirme pourtant dans une courte parabole qu’il nous suffirait d’avoir un grain de foi en Dieu pour que les problèmes se règlent.

 Cela n’est pas toujours aussi simple, même pour les apôtres qui avaient vu des centaines de malades bondir de joie après leur guérison miraculeuse, qui avaient vu les pains et les poissons se multiplier… Et ce sont ces apôtres-là, qui lui disent d’augmenter en eux la foi. N’est-ce pas une réconfortante parole pour nous, qui nous plaignons si souvent de notre manque de foi, de nos doutes.

Ne nous attendons pas à devenir, en raison de notre foi, une espèce de surhomme comme Samson qui aurait la force de déraciner un arbre et de le transporter dans l’eau. C’est la puissance de Dieu qui accomplit ce miracle. Demander à Dieu de déraciner un grand arbre et de le planter dans la mer, c’est demander à Dieu de faire surgir la vie, l’amour, dans tous nos espaces de ténèbres, de péché, de mort qui obscurcissent le cœur de l’homme. Mais, sommes-nous certains d’avoir la foi en Dieu ?

Nous sommes évidemment des croyants, mais posséder des croyances  n’est pas la même chose que d’avoir la foi. La foi est confiance totale.  Nous ne pouvons avoir confiance totale qu’en quelqu’un que nous connaissons intimement, quelqu’un avec qui nous avons une relation personnelle profonde, quelqu’un que nous aimons.   Si je ne l’ai jamais rencontré, si je n’ai pas établi une relation personnelle avec lui, je ne peux pas dire que je le connais.

C’est la même chose avec Dieu.  Je peux avoir lu et étudié beaucoup de livres sur Dieu, bien connaître l’Ancien et le Nouveau Testament, connaître et accepter tout ce que l’Église enseigne,   si je n’ai pas une relation personnelle d’amour avec Dieu dans la prière, je ne peux pas dire que je le connais.

Avoir la foi en Jésus, c’est accepter d’être guidés par lui, et même à certains moments d’être portés par lui sur ses épaules, souvent sans savoir exactement où il nous conduit.  C’est accepter que chaque fois qu’il entre dans notre vie, notre existence tout entière se trouve changée.

Être chrétien c’est avant tout avoir la foi en Jésus ressuscité, avoir avec lui une relation personnelle dans la prière.

Dieu est au cœur même de la détresse humaine, au cœur de ma détresse personnelle. Il n’est pas du côté de la force ou de la toute-puissance, il n’est pas le maître qui commande à ses serviteurs qui n’auraient qu’à obéir, il n’est pas dans le pouvoir et la domination. Il est au creux de nos misères.

Aux yeux de Dieu, nous sommes des serviteurs quelconques, de simples serviteurs, c’est-à-dire inutiles.  Inutiles parce tout vient de Dieu, parce que tout nous est donné gratuitement. Inutiles, et c’est là le paradoxe, mais indispensables pour que le Royaume de Dieu advienne sur la terre. Soyons des inutiles qui sont riches du regard que Dieu pose sur nous.

La foi ne se mesure pas. Être croyant, ce n’est pas avoir la foi ou la posséder. Être croyant, c’est être, c’est devenir. La foi ne se dose pas, elle se vit. Alors, vivons !

Homélie dimanche 18 septembre 2016

25ème dimanche du Temps Ordinaire

Aujourd’hui encore, jésus nous provoque, il nous donne en exemple, un filou, un escroc qui utilise les biens de son maître pour se sauver d’une situation périlleuse et s’assurer un avenir. Tout cela n’est pas très catholique ! Qu’est-ce que cela veut dire ?

Il s’agit d’une parabole dont le but est justement de nous faire réagir. Et Jésus lui-même nous donne un début de solution : « Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière » Autrement dit, nous sommes plus malins pour gérer nos affaires temporelles que pour gérer nos affaires spirituelles. Et chacun de nous le sait bien, on se donne beaucoup de peine, on dépense beaucoup d’énergie et d’ingénuité pour développer ses affaires, pour gagner plus d’argent…que pour les affaires du Royaume de Dieu : combien de temps consacrons-nous à Dieu, à la prière, à notre développement spirituel par rapport au temps consacré à nos affaires ? (Exemple de l’ami commerçant en vin)

Sommes-nous « avisés, habiles » pour nos affaires spirituelles ? Vivre en chrétien, vivre l’Evangile, ce n’est pas si facile que ça ; il ne suffit pas de réciter une petite prière de temps en temps, d’aller à la messe même chaque dimanche ! Il s’agit que l’Evangile puisse nous rentrer dans le corps et transformer notre vie. Et il ne suffit pas de prendre une phrase et de l’appliquer soi-disant à la lettre. Il faut que l’Evangile entre en dialogue, en confrontation avec notre société, notre culture…Il s’agit d’apprendre à discerner, à choisir. L’Esprit Saint nous conduit peu à peu, nous donne de sentir comme le Christ et la force nécessaire pour trouver des chemins d’Evangile compatibles avec notre situation, nos responsabilités.

La doctrine sociale de l’Eglise nous donne des orientations pour vivre en société en développant les valeurs évangéliques de respect des personnes et de justice sociale. Dans son encyclique «  Laudato si » sur l’écologie, le Pape François nous montre bien la complexité des problèmes et en même temps nous invite à prendre nos responsabilités à titre personnel mais aussi au niveau de la société.

Dans ce cheminement nous prenons conscience que rien n’est chimiquement pur mais qu’il nous faut nous engager dans des directions qui préparent l’avenir, il y faut de la détermination mais aussi de l’humilité…

Une certaine sensibilité évangélique est nécessaire, un certain tact pour que les valeurs spirituelles imprègnent peu à peu nos manières de vivre, de prendre des décisions…Sinon notre vie chrétienne demeure en dehors de notre vie, comme une théorie abstraite ou à l’inverse comme un carcan rigide qui nous rend étranger aux préoccupations de nos frères les hommes et inaptes à traiter les problèmes contemporains.

Ce n’est pas parce que l’on est chrétien qu’il faut être bêtes, c’est aujourd’hui qu’il nous est demandé de vivre et de témoigner de notre foi en Jésus Christ et non pas de rêver d’un âge d’or ou d’un nouveau Moyen-âge. Les évolutions techniques et scientifiques ne sont pas sans influence sur nos manières de vivre et de penser, elles ne sont pas totalement étrangères à nos manières de vivre notre foi.

La manière spirituelle de vivre notre foi nous oriente sur les pas de Jésus qui est tout entier animé par son désir d’être en relation, avec Dieu qu’il appelle son Père et envers les hommes qu’il appelle ses frères. L’habileté pour le Royaume nous oriente non pas vers l’accumulation des biens centrée sur nous-mêmes, mais vers la relation, vers l’amour. L’Ecriture nous le rappelle ainsi que les premiers théologiens chrétiens (les Pères de l’Eglise) : « Ne vous tuez pas à amasser de l’argent quand nos frères meurent de faim. » (Grégoire de Naziance) et Jean Chrysostome avec audace nous rappelle qu’il ne sert à rien de couvrir l’église de tissus précieux et d’or si nous laissons les pauvres être nus et affamés dans la rue. Partager, veiller à la justice, à la croissance pour tout hommes, voilà le culte qui plait à Dieu, c’est ce qu’affirme avec force le prophète Amos et bien d’autres après lui. Le diacre Laurent promis au martyr répond à son juge qui lui demande de lui révéler le lieu où se cache le trésor de Rome : « Le trésor de l’Eglise ce sont les pauvres qui sont là devant nous. »… « J’avais faim, vous m’avez donné à manger…venez les bénis de mon Père, partagez avec moi la joie du Royaume. » (Mt 25, 31-)

Notre sagesse, notre habileté, ce sont la sagesse et l’habileté même du Christ qui nous révèle la Sagesse de Dieu qui se donne tout entier pour nous éveiller à la vraie vie. « Dieu veut que tout homme soit sauvé et parvienne à la connaissance de la vérité » (Saint Paul Tim 2, 1-8). Que l’Esprit Saint nous donne la soif de la Sagesse du Christ qui est notre médiateur, celui qui s’est fait l’un de nous pour nous conduire à son Père qui est source de toute vie et de tout bien.

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frère José Kohler

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Homélie dimanche 11 septembre 2016

24ème dimanche du Temps Ordinaire

Cet Evangile, avec ses trois paraboles sur la Miséricorde, nous les connaissons bien. Ce texte revient en effet régulièrement au cours de l’année liturgique. Mais quel enchantement de les réentendre au cœur de cette année de la Miséricorde, qui prendra fin sur notre Diocèse et sur notre sanctuaire, le dimanche 13 novembre prochain.

Il y aurait bien des manières de prêcher sur la thématique de la Miséricorde, mais en ce jour, qui peut mieux nous parler de la Miséricorde que Saint Paul, dans sa première lettre à Timothée (1, 12-17) que nous venons d’entendre.

Ce texte de Paul est à lui seul, une superbe célébration pénitentielle, à l’image de ce fils prodigue. Dans sa confession à Timothée, rien n’y manque : l’aveu, le repentir, la proclamation de l’amour et du pardon qui a pour conséquence son zèle inouï de proclamer haut et fort la miséricorde infini de Dieu.

Sa première phrase commence par ‘je suis plein de reconnaissance ‘, parce que Paul sait qu’il est pécheur et qu’il a été pardonné, lui l’ancien persécuteur, qui a approuvé jusqu’au meurtre d’Etienne, lors de sa lapidation.  Et ce pardon reçu le comble d’une  joie indicible, tout comme ce fils qui voit son père tuer le veau gras pour lui et lui mettre l’anneau au doigt et les sandales aux pieds, faisant de lui non un serviteur mais un fils.

Puis l’exclamation de cette joie par ce verset ‘il m’a fait confiance, moi qui ne savait que blasphémer, persécuter, insulter’ Dieu n’a pas attendu que Paul est fait ses preuves pour faire de lui l’Apôtre des nations. Il lui a simplement fait confiance. Et c’est cette confiance qui a converti Paul. Le chemin de Damas fut aussi présent pour ce fils qui, au milieu des débauches, pense à la bonté de ce père qu’il a pourtant renié dans un excès de toute puissance.

Et cet amour et ce pardon que le Christ a prodigués à Paul, nous pouvons être certains qu’il nous les prodigue à nous aussi, et nombreux d’entre nous sollicitions Saint Antoine, pour qu’il nous montre le chemin de celui qu’il a tant contemplé et aimé, en ce lieu.

Paul poursuit ‘le Christ m’a pardonné : ce que je faisais, c’était par ignorance.’ Nous pourrions avoir en écho, comme le rappelle Marie Noelle Thabut, dans un de ces commentaires sur Saint Paul, le même écho que celui du Christ en croix ‘Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font’.

Paul était de bonne foi quand il persécutait les chrétiens. Il croyait défendre le vrai Dieu, la vraie pureté de la foi juive. Mais sans qu’il s’en aperçoive, il avait fini par se tromper de Dieu. Le jeune fils de l’Evangile voulait aussi se couper du Père, vivre ce qu’il pensait comme étant juste.  Que ce soit Paul ou ce fils, l’un l’autre s’était tournés vers un Dieu ou un Père idolâtre, une caricature d’eux-mêmes et un travestissement de l’être même de Dieu.

Paul comme ce fils prodigue deviennent ensuite émerveillés par le pardon accordé gratuitement. Ils comprennent que Dieu n’attend pas le seul aveu pour qu’il puisse se donner totalement à eux.  Paul sur le chemin de Damas n’avait que haine à la bouche envers les Chrétiens. Devant le Christ qui se révèle à lui, il n’a pas eu le temps de lui demander pardon. L’enfant prodigue lui aussi n’a pas eu des sentiments bien admirables. C’est seulement la faim qui le faire reprendre le chemin de la maison. Et il n’a même pas eu le temps de réciter devant son père une formule de contrition que ce dernier, l’étouffe déjà de baisers et l’étreint de ses caresses.

L’aveu de nos fautes est pourtant nécessaire, mais ce n’est pas d’abord pour notre faiblesse qui n’est plus à prouver, mais l’immense amour et reconnaissance que nous avons envers ce Dieu qui fait de nos péchés de l’or avec de notre propre boue, comme aimait à dire le Saint Curé d’Ars.

Se confesser à un prêtre permet d’abord de mesurer la grandeur de celui qui nous pardonne.

Là encore, Paul nous donne une leçon de vie : car pour lui, le centre, c’est le Christ. Ce Christ qui lui fait désormais confiance,  au-delà de son passé chaotique. C’est dans l’instant présent qu’il le rejoint et l’établit pour l’avenir. C’est ce Christ qui lui pardonne, qui lui donne la force, désormais, d’annoncer au monde la générosité de ce Dieu humble, pauvre et désarmé, je dirai même désarmant.

Paul conclue : ‘si le Christ m’a pardonné, c’est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifeste’ c’est-à-dire qu’au regard de ce pardon reçu, cela ne nous engage qu’à une chose : l’annoncer et le faire savoir !

Paul comme le fils prodigue sont devenus l’un et l’autre, les témoins et la preuve vivante du pardon de Dieu accordé à tous les pécheurs.

Voici une parole sûre, qui mérite d’être accueillie sans réserve, dit Paul. Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, et moi je suis le premier pécheur, mais si le Christ Jésus m’a pardonné, c’est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait.  Je devais être le premier exemple de ceux qui croiraient en Lui, pour la vie éternelle’

Et Paul conclue dans une immense action de grâce : ‘Honneur et gloire au roi des siècles, au Dieu Unique, invisible, et immortel, pour les siècles des siècles, Amen’

Fr David

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Le 4 septembre 2016

23ème dimanche du Temps Ordinaire

« Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? »

Ces paroles tirées du Livre de la Sagesse (150 av JC) sont marquées par la philosophie grecque d’Alexandrie, une vision assez dualiste et pessimiste de l’Homme « plombé » par la matière : « Les réflexions des mortels sont incertaines et nos pensées instables ; car un corps périssable appesantit notre âme et cette enveloppe d’argile alourdit notre esprit aux milles pensées. »

Heureusement l’Esprit Saint nous est donné pour que nous puissions accueillir peu à peu la Sagesse de Dieu.

Jésus nous révèle la Sagesse de Dieu dont il vit, mais qui souvent nous désarçonne.

En ce temps de période de précampagne électorale nous pourrions dire que Jésus n’est pas un démagogue : les foules le suivent car il a multiplié les pains et guéri les malades, mais il ne dit pas : « votez pour moi, je vais diminuer les impôts, augmenter le pouvoir d’achat, faire baisser le chômage, régler vos problèmes sociaux et vos problèmes d’immigration…

Non, il demande à ceux qui le suivent de bien réfléchir, le suivre c’est du sérieux : cela peut vous mener plus loin que vous ne le pensez, alors réfléchissez bien avant d’aller plus loin !

Faites comme celui qui veut construire une tour ou si vous préférez, sa maison familiale : est-ce que j’aurai les moyens, est-ce que je pourrai rembourser les emprunts…et s’il m’arrivait des soucis pour le travail ou la santé ?

Ou bien comme celui qui veut partir en guerre ; il ne s’agit pas de faire un coup médiatique, j’envoie quelques chasseurs bombardiers et le tour est joué…Non, la guerre c’est toujours quelque chose de sérieux, aux conséquences souvent catastrophiques !

Suivre Jésus c’est bigrement sérieux, il ne s’agit pas d’applaudir à quelques miracles, mais de se mettre en route derrière lui et le chemin de Jésus est terriblement dangereux. C’est sa vie qui est en jeu, c’est notre vie qui est en jeu ; aussi important que ce qui nous est le plus cher, notre femme, notre mari, nos enfants, nos frères et sœurs, notre propre vie.

Car Jésus sait qu’il est engagé totalement dans sa mission de manifester l’amour du Père jusqu’au bout ; quoi qu’il lui en coûte. Il est prêt à donner sa vie pour témoigner de l’amour inconditionnel de son Père.

Alors la meilleure façon de se préparer, ce n’est pas d’amasser de l’argent ou d’empiler les sécurités, c’est de se décentrer de nous-mêmes et d’abandonner tout ce qui nous empêche d’avancer. Je repense au frère Eric qui il y a quelque jour préparait son sac pour partir sur les chemins vers Assise. Je repense justement à François d’Assise qui après avoir voulu jouer à la guerre abandonne tout pour vivre l’Evangile. Je pense à Mère Térésa qui est canonisée aujourd’hui : elle a quitté sa congrégation d’enseignante pour aller vivre au milieu des plus pauvres, pour partager leur misère, se mettre à leur service et leur faire retrouver leur dignité d’hommes et de femmes en contemplant en eux la présence même de Jésus Christ.

Demandons la grâce d’accueillir la Sagesse de Dieu qui est folie aux yeux des païens et scandale aux yeux des juifs comme le proclamait l’Apôtre Paul. La Sagesse de Dieu qui se révèle dans la croix de Jésus Christ qui nous a aimé jusqu’à l’extrême.

Ecouter l’homélie: cliquer ici

Frère José

 

Le 28 Août 2016
Homélie pour la fête des oignons.

Rien de mieux pour commencer cette homélie que de relater, selon les sources de l’époque (c’est-à-dire celles du XIIIe siècle), ce qui se vécut en ce lieu et qui est la source et l’origine de la fête que nous célébrons tous ensemble : la célèbre fête des oignons, si chère au cœur des Brivistes que nous sommes.

Écoutons ce que nous disent les chroniques de l’époque :

‘Un jour, à Brive dans le Couvent que Saint Antoine avait lui-même fondé, et où il avait découvert les grottes pour s’y retirer et y prier, le cuisinier du Couvent s’aperçoit qu’il n’y avait rien pour préparer le repas des frères.  Drame au Couvent : ni carottes, ni poireaux, ni oignons.  Antoine alors s’exclame : ‘Dans le Paradis, Saint François doit se réjouir grandement de notre pauvreté.’ Le frère Gardien dit alors tout contrit : ‘ ne blessons pas non plus la sainte charité ; le plus jeune frère, a bon appétit et il faut qu’il mange !!!!’ Antoine demande alors à une dame, amie du Couvent, de lui faire envoyer quelques poireaux et légumes pour y faire une bonne soupe. La dame prie à son tour, et demande à sa servante de descendre du sanctuaire des grottes pour aller dans la ville de Brive, dans son jardin, y cueillir ces fameux légumes, dont des très bons oignons ! Mais il pleut à torrent. La servante revient de la ville de Brive au Couvent des grottes entièrement sèche, ainsi que les légumes qu’elle portait pour les frères…’

Depuis ce jour, tous les ans, les Brivistes montent à la colline des grottes pour y  redire leur confiance en Saint Antoine, ce saint qui du haut de notre chemin de croix, bénit la ville de Brive.

Ainsi, l’origine de ce miracle concerne la cuisine ! vous me direz ‘déjà les premiers frères qui se sont installés ici sur ce site ont plus qu’intégrer l’inculturation limousine avec ses multiples plaisirs culinaires !!!’ et qu’ils se soucient plus de leur estomac que de Dieu !!!

Mais si nous regardons de plus près, il y a bien plus que cela. Regardons un peu plus en amont la signification de ce miracle et surtout ce qu’il peut nous dire pour aujourd’hui !

Antoine entend les doléances de ses frères. Ils n’auront rien à manger ce jour là. Il ne les juge pas, il accueille dans la paix là  ce qu’ils sont et là où ils en sont. Puis il prie pour eux, et demande à Dieu de prendre soin de leur quotidien. Le premier don qu’Antoine est donc celui de sa prière pour ses frères et de prendre soin d’eux.

Puis il mandate une servante, pour aller palier aux besoins des frères et celle-ci accepte, malgré les intempéries, de les aider dans cette épreuve, ‘ils ne vont pas diner ! quelle drame !’ Plus prosaïquement,  elle a le désir de les aider, y compris matériellement dans leur tâche, là où ils en sont, dans leur manque, dans leur crainte.

Antoine intercède pour que rien ne lui arrive et dans une totale confiance, au cœur de cet orage fou et dans son déluge de pluie et d’éclairs, s’en remet totalement à Dieu. Et cette servante se trouve prise dans les mains affectueuses du Christ et la conduit sans encombre vers les frères et vers Antoine, aux grottes où nous sommes.

Antoine a tout autant soucis des laïcs qu’il en a pour ses propres frères.

A travers ce récit, c’est bien toute la pédagogie de Saint François qui se révèle et que souhaite plus que tout vivre les frères ici, en ce lieu, en ce sanctuaire : prier pour les gens là où ils en sont, leur permettre sur notre lieu de vie et de retrait, de se ressourcer et de partager notre quotidien, puis de solliciter de l’aide pour les besoins courants.

Ce jour est pour nous une célébration de rentrée. Vous avez vécu le départ de deux frères (l’ancien gardien et son vicaire (qui est encore parmi nous quelques jours le temps) Puis l’accueille de trois nouveaux frères (Le fr Vincent, le fr Henri et moi-même comme Gardien)

Nous voici à un tournant de notre vie sur le site. Il s’agit pratiquement d’une nouvelle fondation, ou du moins d’une refondation, car plus aucun des anciens frères qui ont relancé le pèlerinage et le sanctuaire ne se trouvent parmi nous (Nous pourrons avoir une pensée pour les frères Nicolas, Boris, Eric, Michel Hubaut, Dominique Marie et Michel Laloux, notre actuel provincial.

Notre unique mission, ici aux grottes de Saint Antoine, est de faire perdurer cet esprit de prière pour vous tous, vous donner le gout de Dieu à travers l’aventure spirituelle que nous pouvons tous, à notre niveau, vivre…

Notre unique désir est de vous faire découvrir le visage du Christ humble et pauvre, tout donné à vous comme à nous.

Notre unique préoccupation est de vous donner dans ce site un cadre de vie qui vous permette de contempler la beauté de la création, dans un écrin de verdure et de sérénité. Et la communauté remercie sincèrement tous les bénévoles qui s’investissent pour préserver ce site.

Notre unique objectif est de ne pas chercher les honneurs, de ne pas prendre la première place à l’instar de l’Evangile du jour, mais de prendre cette place avec vous, dans la différence des charismes et des talents des uns et des autres.

Ce sanctuaire ne peut pas vivre et fonctionner sans vous, sans que nous vous sollicitions, comme le fit Antoine en sollicitant cette jeune servante.

Vous êtes plus d’une centaine de bénévoles investit sur le lieu pour le faire vivre, et permettre aux frères de vivre leur vie religieuse franciscaine, dans la prière et le retrait, dans la proximité et dans la joie, dans la simplicité de notre forme de vie et dans le partage. Vous nous aidez aussi à porter les postulants, ce couvent étant maison de formation initiale.

Les sollicitations sont énormes, nous en recevons plus que nous ne pouvons et pourrons en assumer. A vous aussi de nous aider en acceptant humblement que notre première mission sur ce site reste notre vie fraternelle, orante, qu’elle soit toujours centrée sur notre propre recherche de Dieu selon les modalités de notre règle.  La mission extérieure n’est qu’une conséquence de cette vie contemplative, vécut en communauté.

Merci de veiller sur nous comme nous veillons sur vous.

Merci de faire de nous des saints frères, comme nous n’aurons à cœur que de vous accompagner, pas à pas, dans notre commune recherche de Dieu, à la suite de Saint François et de ce si bon compagnon qu’est Saint Antoine pour nous.

Amen.

Fr David, ofm

écouter l’homélie cliquer ici